Tech for good : effet de mode ou vrais enjeux ?

24 avril 2019Tech3 min de lecture

Tech for good : effet de mode ou vrais enjeux ?

Utiliser les nouvelles technologies afin d’impacter la société de manière positive ? Que ce soit à un niveau environnemental ou humain, c’est bel et bien l’objectif de la « Tech for good » ! Cependant, ce terme plutôt gratifiant apparaît désormais partout, pour tout et n’importe quoi. Nous pouvons donc nous demander légitimement s’il s’agit uniquement d’une tendance ou s’il existe une véritable volonté de rendre le monde meilleur. Voyons cela ensemble !

clin d’oeil

Qu’est-ce que la Tech for good ?

La « Tech for good » est un mouvement mondial aspirant à utiliser la technologie pour le bien de l’être humain et de la planète. Les entreprises suivant ce dernier se penchent principalement sur les problématiques de l’inclusion, de la pauvreté, ou encore de l’environnement. 🍃

Comme le souligne cet article de Stratégies, le mouvement de la Tech for good vient principalement de la nouvelle génération de consommateurs, bien plus soucieux de l’impact que peuvent avoir les marques sur la société et l’environnement qu’auparavant. De cette même génération sont aussi apparus des entrepreneurs, déterminés à bousculer les codes imposés par leurs aînés et à créer leurs projets de A à Z en s’appuyant sur la technologie dans le sens de ce mouvement sociétal fort qu’est la Tech for good.

Dans cet esprit de Tech for good, nous retrouvons aussi la « Fintech for good », alliant la finance et la technologie pour servir la société de façon positive. Vous souvenez-vous de la finance verte ? Nous vous en avions parlé dans cet article. Eh bien, cette dernière peut être utilisée dans la Fintech for good. 😄

D’ailleurs, comme le rappel cet article de La Tribune, la France est un acteur incontournable de la finance verte et Paris est un écosystème de startups parmi les meilleurs d’Europe. Les startups, notamment les Fintechs, se doivent donc d’être encouragées à se diriger vers la Tech for good, chose sur laquelle Cédric Villani, mathématicien et député, a insisté durant l’évènement Fintech R:Evolution : « Il faut développer une finance au service de l’humain et de l’environnement. ».

Une tendance actuelle

Cela fait quelque temps que le terme « Tech for good » a fait son apparition. En effet, déjà en mai 2018, un sommet intitulé « Tech for good » avait été organisé à Paris, afin d’encourager les entreprises à agir pour le bien commun plutôt que pour leurs propres intérêts. Le souci ? Comme le rappelle cet article du journal Libération, Emmanuel Macron avait principalement convié des géants de la Silicon Valley à ce sommet, tels qu’Uber, Facebook, ou encore Palantir. Autrement dit, des grosses entreprises portant plus d’intérêt à leurs investisseurs, qu’aux problèmes sociétales actuels, mais bien décidés à voguer sur le mouvement de Tech for good pour redorer leur image.

Et c’est bien là qu’est le problème ! De nombreuses compagnies sautent sur l’opportunité de se labelliser Tech for good. Par exemple, en mettant en avant la mise en place de bonnes pratiques RSE, bien que cela soit déjà positif, ce n’est pourtant pas suffisant pour véritablement se positionner comme « Tech for good ». 🙃

Diana Brondel, CEO de Xaalys (une néo-banque à destination des adolescents, aspirant à éduquer financièrement ces derniers), a souligné lors d’une table ronde ayant pour thématique « Fintech for good & for people » durant (encore une fois) l’évènement Fintech R:Evolution 2019, que la Tech for good ne doit pas seulement être considérée comme un label ou un effet de mode, mais découler de convictions profondes.

Une tendance, oui, mais perdurable

La Tech for good est donc bien dans l’air du temps, cependant ce mouvement ouvre la voie aux jeunes startups dont l’approche est de se préoccuper de l’impact sociétal de l’innovation et dont le concept est de répondre aux enjeux globaux de nos sociétés. Nous pouvons donc voir la Tech for good comme l’avenir de l’innovation et non pas uniquement comme une tendance amenée à disparaître.

Cependant, comme le souligne Joséphine Goube, CEO de Techfugees (une organisation internationale répondant aux besoins des réfugiés, et un bel exemple de Tech for good !), dans cet article des Echos Entrepreneurs, trouver des investisseurs prêts à placer leur argent dans la Tech for good est un vrai challenge. Effectivement, ces derniers ont du mal à accepter que leur retour sur investissement ne prendra pas 3 à 5 ans mais 7 à 10 ans.

Pour pallier cet obstacle, de nouveaux investisseurs prennent d’assaut ce marché, tels que Future Positive Capital, qui se spécialise dans le financement de projets utilisant les nouvelles technologies afin d’impacter positivement notre société, que ce soit dans le domaine de la santé mentale, de l’avenir de l’alimentation, ou encore de l’économie circulaire (désigne un modèle économique dont l’objectif est de produire des biens et des services de manière durable tout en limitant les gaspillages de ressources. Pour en savoir plus, c’est par ici !).

De plus, comme le Journal du net l’indique dans cet article, impact sociétal positif et bénéfices ne sont pas incompatibles. En effet, la nouvelle génération de consommateurs étant très soucieuse des valeurs des marques et de ce qu’elles apportent, ou non, à notre société, elle aura tendance à choisir et préférer des entreprises s’impliquant véritablement de le « for good », et cela est donc bénéfique pour ces dernières, que ce soit au niveau de leur notoriété ou de leurs gains monétaires. 💪

La Tech for good n’est donc pas uniquement une nouvelle tendance sur laquelle les entreprises de la Tech tentent de surfer, mais s’impose en véritable mouvement sociétal bien décidé à rester dans le temps. Nous pourrions même nous avancer à dire que ce mouvement n’est autre que le futur du marché de l’innovation technologique et de la finance. Et vous, qu’en pensez-vous ? 😉

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Alizée Adam

Alizée Adam

Content Manager